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La donation de son vivant : comment préparer sa succession à l’avance ?

Pourquoi donner de son vivant ? Parce qu’il s’agit d’une démarche stratégique qui permet de transmettre son patrimoine en bénéficiant d’une réduction des droits de succession et préparer cette dernière en préservant l’équilibre familial. En plus de ces atouts appréciables, cette approche offre de nombreux avantages juridiques et fiscaux, à condition de bien en comprendre les mécanismes et les implications.

Quels sont les abattements applicables et le principe de fonctionnement d’une donation-partage ? Quelles précautions prendre pour respecter la réserve héréditaire et éviter tout contentieux ? Quelles démarches entreprendre devant le notaire, officier public ? Voici les réponses à ces différentes questions. Ainsi, pourrez-vous optimiser les frais de succession et transmettre votre patrimoine de manière efficace et conforme à la réglementation.

Pourquoi faire une donation de son vivant ?

Prendre les devants en effectuant une donation de son vivant permet d’anticiper sa succession en toute sérénité. Cette démarche consiste à transmettre un bien immobilier, de l’argent ou tout autre élément de patrimoine avant son décès.

L’objectif premier de ce type de donation est d’aider un donataire en délicatesse avec ses finances.. C’est aussi un moyen d’alléger la masse successorale et de limiter les droits de succession à payer par les héritiers.

Les avantages de la donation pour anticiper la succession

Réaliser une donation présente plusieurs avantages :

  • Vous conservez le contrôle sur la répartition de vos biens et pouvez organiser votre succession selon vos préférences ;
  • Vos proches bénéficient immédiatement de ce que vous souhaitez leur transmettre, sans attendre l’ouverture de la succession ;
  • Vous pouvez profiter d’une fiscalité avantageuse grâce aux abattements renouvelables tous les 15 ans.

Effectuer une donation de son vivant permet également d’éviter les conflits familiaux en prévoyant sans délai une répartition équitable et transparente. Cette anticipation limite les risques de contentieux entre proches comme un refus de succession et préserve l’harmonie entre les héritiers.

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Qu’est-ce qu’une donation-partage ?

La donation-partage est une forme particulière de donation qui prévoit un partage simultané des biens entre plusieurs héritiers réservataires. À distinguer de l’opération de donation simple qui attribue un bien à un seul bénéficiaire, la donation partage permet d’organiser de manière équilibrée la répartition des biens.

Prenons un exemple : Un parent possédant un bien immobilier a le choix de le transférer de son vivant à ses deux enfants, chacun recevant une part égale. Cette répartition anticipée est définitive et personne n’aura la possibilité de l’annuler au décès du donateur. Réalisée par acte notarié, cette donation partage garantit la sécurité juridique de l’opération et permet de bénéficier des abattements fiscaux prévus par la loi.

Les abattements et la fréquence des donations (tous les 15 ans)

Les abattements légaux selon le lien de parenté

Le droit fiscal prévoit des abattements en fonction du lien de parenté entre les parties. Ces montants, qui peuvent être renouvelés tous les 15 ans, au cours de la vie du donateur, permettent de réduire les droits de donation.

Lien de parentéMontant de l’abattement
Fille ou fils (par parent et par enfant)100 000 €
Petit enfant31 865 €
Arrière-petit-enfant5 310 €
Conjoint survivant ou partenaire de PACS80 724 €
Frère ou sœur15 932 €
Neveu ou nièce7 967 €
Personne handicapée (cumulable avec un autre abattement)159 325 €

Ces abattements s’appliquent aux biens mobiliers, immobiliers (immeuble, maison, terrain) ou aux montants donnés dans un cadre familial ou sous certaines conditions.

Le renouvellement tous les 15 ans

Les abattements fiscaux se reconstituent tous les 15 ans, ce qui permet de transférer progressivement son patrimoine à un tiers en étant exonéré plusieurs fois.

Exemple : Un parent peut donner 100 000 € à son enfant en 2025, puis 100 000 € supplémentaires en 2040, sans que ce dernier n’ait à gérer des droits de donation, un alourdissement de son impôt sur la fortune. Ce mécanisme est particulièrement avantageux pour optimiser les frais de succession et anticiper la répartition de son patrimoine.

À noter : Les obligations fiscales évoluent régulièrement, il est donc conseillé de consulter un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine afin de s’assurer des règles en vigueur au moment de l’acte de donation.

Attention à la réserve héréditaire et au rapport à succession

La réserve héréditaire : limites aux donations

La réserve héréditaire est la part successorale minimale qui doit obligatoirement revenir à chaque héritier réservataire (enfant). Ainsi, il est impossible de déshériter totalement ses enfants au profit d’une donation sans lien familial à un tiers ou une donation à une association

La loi impose un taux de répartition équitable en fonction du nombre d’enfants :

Nombre d’enfantsRéserve héréditaireQuotité disponible
1 enfant1/21/2
2 enfants2/31/3
3 enfants ou plus3/41/4

Si une donation excède la quotité de la part réservataire, chaque bénéficiaire de la donation réservataire a la capacité juridique d’exiger une réduction du taux des donations excessives afin de rétablir sa part d’héritage.

Exemple : Un parent tente de donner tout son patrimoine à un seul de ses enfants. À son décès, les autres héritiers peuvent réclamer un rééquilibrage en application de la réserve héréditaire.

Le rapport des donations à la succession

Lors d’un décès, les donations réalisées du vivant du donateur sont en principe rapportées à la succession afin de calculer la part de chaque héritier. Cette solution permet d’assurer une répartition équitable de la valeur des biens entre tous.

  • Donation simple (rapportable) : En l’absence de clause particulière, la donation est considérée comme une avance sans délai sur héritage et sera réintégrée dans l’actif successoral.

  • Donation-partage : Si elle est signée par tous les héritiers, elle n’est pas rapportable, ce qui vaut acceptation universelle et fige la répartition réalisée de son vivant.

  • Dispense de rapport : Il existe la possibilité d’effectuer une donation avec une clause de dispense. Cette solution s’avère utile pour avantager un héritier sans que cette somme soit réintégrée dans le partage successoral.x

Exemple de rapport donation : Un père donne 100 000 € à son fils aîné. Au jour de sa succession, son patrimoine restant est de 500 000 €, à partager entre ses trois enfants.

  1. Sans rapport : L’héritage est partagé uniquement sur les 500 000 €, chaque enfant reçoit 166 667 €, ce qui désavantage les autres.
  2. Avec rapport : On ajoute la donation au patrimoine fictif (600 000 €), chaque enfant reçoit 200 000 €, assurant une égalité entre eux.

Dans certains cas, si l’actif de la succession est insuffisant pour rétablir l’égalité, l’héritier avantagé par une donation peut se trouver dans l’obligation de compenser financièrement ses cohéritiers.

Bon à savoir : Les donations-partages et certains avantages notifiés dans un contrat de mariage ne sont pas soumis au rapport à succession, ce qui permet d’organiser une transmission plus libre.

Les formalités et précautions à prendre

Recours au notaire : pourquoi est-ce essentiel ?

Bien que certaines donations, comme le don manuel, puissent être effectuées à titre gratuit sans notaire, d’autres nécessitent obligatoirement un acte notarié. C’est notamment le cas d’une donation immobilière ou d’une donation-partage.

Le notaire est un officier mandaté par le service public dont la signature compte dans ces transactions. Il en garantit la validité juridique, en assure l’enregistrement officiel et calcule les frais éventuels. Il offre aussi des conseils personnalisés sur les implications fiscales et successorales (démembrement, usufruit, nue-propriété des immeubles et autres biens immobiliers) : 

  • Ensemble des biens immeubles détenus par le propriétaire donateur, soumis éventuellement à l’imposition sur la fortune immobilière (IFI) ;
  • Démembrement de propriété et calcul de la valeur de la nue propriété ;
  • Succession en pleine propriété en faveur d’un héritier qui reçoit à la fois l’usufruit et la nue-propriété ;
  • Donation au dernier vivant qui correspond à la donation entre époux destinée à augmenter la part d’héritage du conjoint survivant au-delà de la réserve héréditaire des enfants ;
  • Donation sans liens de parenté, laquelle est soumise à une taxation plus élevée que la donation enfant ou le don familial.

Le taux des frais de notaire, calculé en fonction de la valeur des biens donnés, incluent les émoluments proportionnels, les droits de donation et, pour les biens immobiliers, des coûts de publicité foncière. Faire appel à un notaire permet d’éviter toute contestation ultérieure et d’assurer une transmission conforme à la loi.

Évaluer correctement les biens donnés

Il convient bien entendu de procéder à une évaluation des biens rigoureuse pour assurer une donation équitable et éviter tout redressement fiscal, aux conséquences pouvant être graves. En effet, l’administration fiscale peut contester une sous-évaluation et imposer un réajustement des droits de donation. 

Il est donc recommandé de recourir à un notaire pour estimer la valeur réaliste des biens (immobiliers, titres, œuvres d’art, etc.). Une évaluation juste garantit une transmission conforme aux règles fiscales et protège les bénéficiaires de mauvaises surprises.

Exemples chiffrés pour comprendre l’impact fiscal

Scénario A : Donation d’un capital à un enfant

Un parent décide de donner 100 000 € à son enfant. Grâce à l’abattement de 100 000 € en vigueur, cette donation est totalement défiscalisée, à condition qu’aucune autre donation de ce type n’ait été effectuée dans les 15 dernières années.

Si le montant donné dépasse l’abattement, seule la somme excédentaire sera soumise aux droits de donation au jour J.

  • Montant donné : 100 000 €
  • Abattement applicable : 100 000 €
  • Montant taxable : 0 €

Dans ce cas, l’enfant a reçu l’intégralité de la somme sans avoir à payer d’impôt sur le revenu .

Scénario B : Donation-partage d’un bien immobilier

Un parent possède deux appartements évalués à 150 000 € chacun. Il décide de les transmettre à ses deux enfants via une donation-partage. Grâce à ce dispositif :

  • Chaque enfant reçoit un bien d’une valeur égale ;
  • Il n’y a pas de rapport à la succession, ce qui signifie qu’au moment du décès du parent, ces biens ne seront pas réintégrés dans le calcul de la part successorale ;
  • Les enfants bénéficient d’un abattement de 100 000 € chacun, réduisant les droits de donation.

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FAQ : questions fréquentes sur la donation de son vivant

Peut-on dépasser l’abattement si la donation reste dans la famille ?

Oui, mais au-delà de l’abattement, des droits de donation sont dus selon un barème progressif.

Faut-il déclarer une donation manuelle d’une somme modeste (ex. 10 000 €) ?

Normalement oui, surtout en cas de contrôle fiscal. Il est préférable de la déclarer via le formulaire 2735.

La donation d’un bien immobilier doit-elle être faite devant notaire ?

Oui, c’est obligatoire pour garantir la validité juridique et assurer l’enregistrement de l’acte.

Puis-je donner de mon vivant plus à un enfant qu’à l’autre ?

C’est possible, mais la réserve héréditaire protège une part des héritiers réservataires. Une donation inégalitaire peut être contestée lors de la succession et donner lieu à annulation.

Conclusion : un outil de planification successorale à manier avec prudence

Quel que soit l’âge du donateur, la donation de son vivant est un outil efficace pour anticiper la répartition de son patrimoine et bénéficier d’exonérations fiscales grâce aux abattements renouvelables.

Toutefois, elle doit être réalisée avec précaution, en respectant les règles du contrat : à savoir la réserve héréditaire, l’évaluation correcte des biens et l’application des formalités requises, notamment le passage devant notaire. Précisons aussi – et ce n’est pas un détail – que la donation doit être acceptée par le donataire, y compris en présence de liens familiaux.

Afin de bien préparer votre stratégie successorale et éviter toute erreur, prenez le temps de consulter un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine, qui saura adapter la stratégie de donation à votre situation familiale et patrimoniale.

Le présent article est rédigé par Gabriel pour CGI Finance.
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